09/12/2007

Vous les hommes !

 

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Je vous connais depuis l'époque où la seule lumière était celle du soleil ou de la lune. 

Je vous ai observés dans la forêt autrefois vaste et impénétrable.

J'étais témoin quand vous avez découvert le feu et créé d'étranges outils.  

Tapi sur les crêtes, j'ai suivi vos chasses et jalousé vos succès.

J'ai dévoré vos miettes et vous avez mangé les miennes.  

J'ai écouté vos chants et observé vos ombres mouvantes autour du feu.  

A une époque si reculée que je m'en souviens à peine, quelques-uns d'entre nous vous ont rejoint pour se chauffer à ce feu.

Nous avons intégré vos meutes, nous avons participé à vos chasses, nous avons protégé vos petits et nous vous avons aidés, comme nous vous avons craints et aimés. 

Nous avons longtemps vécu côte à côte. Nous étions très semblables.

C'est pourquoi certains d'entre nous vous ont adoptés.

Certains d'entre vous me respectent, moi le sauvage.

Je suis un bon chasseur, je vous ai respectés aussi. Vous étiez de bons chasseurs.  

Je vous observais lorsque vous chassiez en meute avec ceux qui s'étaient apprivoisés, et que vous attrapiez la viande.

C'était le temps de l'abondance.

Vous étiez peu nombreux alors.  

Les forêts étaient vastes.

La nuit, nos hurlements appelaient les nôtres qui vous avaient rejoints.

Certains revenaient chasser avec nous.

Nous en mangions d'autres parce qu'ils étaient devenus tout à fait étranges. 

Il en fut ainsi pendant très longtemps, et c'était bien. Parfois, je vous volais de la viande, comme vous m'en voliez. 

Vous souvenez-vous des temps de famines, lorsque la neige était profonde et que vous mangiez la viande que nous avions tuée?

C'était un jeu.

C'était une dette.

On pourrait dire que c'était une promesse. 

Comme beaucoup de ceux qui s'étaient apprivoisés, la plupart d'entre vous sont devenus très étranges.

Aujourd'hui, je ne reconnais plus certains des domestiqués.  

Je ne reconnais plus certains d'entre vous. Nous étions si semblables autrefois. 

Vous avez également domestiqué la viande. Lorsque j'ai commencé à chasser votre viande apprivoisée (ce sont des créatures stupides qui n'honorent pas la mort, mais la viande sauvage a disparue), vous m'avez pourchassé.

Je ne comprends pas.  

Lorsque vos meutes ont grossi et se sont fait la guerre, je vous ai observés.

J'ai assisté à vos grandes batailles. J'ai festoyé de vos morts. 

Vous nous avez pourchassés avec plus de férocité encore.

Je ne comprends pas.

Ils étaient de la viande.

Vous les aviez tués.   

Nous sommes aujourd'hui peu nombreux.

Vous avez rétréci la forêt. Vous avez tué beaucoup d'entre nous. 

Mais je continue de chasser et de nourrir mes petits dissimulés à vos yeux.  

Je continuerai de le faire. 

Je me demande si ceux d'entre nous qui vous ont rejoints ont fait le bon choix.

Ils ont perdu le désir de vivre en liberté.

Ils sont nombreux mais ils sont très étranges. 

 Je vous observe toujours pour savoir vous éviter. 

 Je crois que je ne vous reconnais plus.

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30/10/2007

En parlant du loup, on en voit la queue.

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Ce proverbe, qui signifie que l'on est surpris par une personne, alors précisément qu'elle fait le sujet d'une conversation a pour nous une toute autre résonance, bien plus ancienne que celle de son sens actuel, bien plus réelle aussi. Pourquoi ne dit-on pas par exemple, "Quand on parle du loup on en voit la gueule ? Ou les crocs, les oreilles ?" La réponse est simple, on voit peu et rarement un loup de face. Dès qu'il se sent aperçu par l'homme, l'animal prend peur et tourne les talons afin de s'éloigner au plus vite de celui dont il a tout à redouter. En effet, alors, on ne voit plus que l'appendice caudal de la bête effrayante !

23:27 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

29/10/2007

CITATION



 

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Nous n'avions pour eux aucune haine. 


Ils faisaient métier de loups comme nous faisions métier d'hommes.

Ils étaient créatures de Dieu. 


Comme nous.

Ils étaient nés prédateurs.

Comme l'homme. 


Mais ils étaient restés prédateurs, alors que l'homme était devenu destructeur.




 Paul-Emile Victor
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22/09/2007

VOUS EXAGÉREZ

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Vous les hommes, vous avez tendance à modifier la vérité pour servir vos intérêts.

pour passer pour un héros :
vaincre un plus faible n'est pas glorieux, ce sont toujours des loups féroces, des bandes nombreuses etc. que vous avez affrontées !

pour de l'argent :
la prime pour un loup qui s'était jeté sur des humains était bien tentante.

pour un alibi :
c'est sûr, j'ai servi à masquer certains de vos crimes.

pour obtenir un pouvoir :
celui qui me fréquentait, (tueur ou meneur de loups) était craint.
L'Eglise s'est servie de moi pour accroître son pouvoir.
(J'étais une créature du Diable ou " le fléau de Dieu " envoyé pour punir les mauvais chrétiens).

pour faire un titre de journal :
les exemples ne manquent pas mais les enquêtes démontrent l'exagération (ainsi en Russie, vous n'avez jamais pu avoir de certitude sur ces bandes de loups affamés dévorant des dizaines de personnes signalées dans vos journaux).  

Regardez donc les récits anciens avec beaucoup de prudence car, même si on a pas cherché à transformer la vérité, le contexte n'est plus le même et les mots n'ont plus le même sens !


JADIS J AI MANGE DES HUMAINS

Autrefois, s'il m'est arrivé de manger de la chair humaine, celle-ci provenait des cadavres, des blessés et des moribonds, victimes des grandes épidémies, de la famine ou que vous laissiez sur les nombreux champs de batailles.

07:23 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |