06/07/2011

Vésubie: la "chasse au loup" autorisée jusqu’à la mi-juillet

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À la fin du printemps, les grands moyens n’ont pas permis d’abattre un loup dans la vallée de la Vésubie. Durant un mois, sur les communes de Belvédère, Roquebillière et la Bollène-Vésubie, les agents de l’Office national de la chasse, secondés par des chasseurs formés pour l’occasion, n’ont pas réussi à éliminer un des prédateurs s’attaquant régulièrement aux moutons.

 

Pressée d’atteindre l’objectif et d’apaiser la profession agricole, la préfecture vient donc de renouveler, par arrêté, son autorisation de tir pour un seul animal. La campagne d’affûts, menée au petit matin, reprend donc jusqu’à la mi-juillet. Sera-t-elle cette fois-ci fructueuse? Personne ne se hasarde à un pronostic. « Le loup, rappelle un expert, est intelligent et méfiant. Et puis la traque se déroule sur un vaste secteur, représentant près du quart des AM ».

 

Les éleveurs ricanent

 

Ces arguments laissent assez sceptiques les éleveurs. « L’État, ricane l’un d’eux, peut attraper des loups pour les équiper de colliers émetteurs mais se montre incapable d’en tuer un. »

 

« La capture, rétorque un garde-chasse, se réalise à l’aide d’un hélicoptère, parfois en zone cœur du parc du Mercantour, sanctuaire interdit à la chasse. Les conditions ne sont pas les mêmes… » Des chasseurs, traquant à pied le loup de la Vésubie, critiquent ce recours à l’hélicoptère dans le cadre d’une étude visant à mieux connaître l’espèce, ses déplacements et son régime alimentaire. Coûteux, ce programme scientifique dérangerait en outre la faune sauvage, des chamois, mouflons et autres ongulés étant également « marqués ».

 

Deux présidents de société de chasse ont ainsi écrit aux autorités pour en demander l’arrêt. Le président départemental, Bernard Baudin, pointe un grief supplémentaire, le « manque de transparence » du parc. « En cinq ans d’étude, déplore-t-il nous attendons toujours un rapport d’étape alors que nous sommes partenaires du programme. » Face au mécontentement, pour des raisons parfois différentes, des éleveurs et des chasseurs, les associations de protection de la nature restent muettes.

 

À l’occasion en 2000 et 2004 de précédentes missions, infructueuses, d’élimination d’un loup, des militants avaient tenté de désorganiser le dispositif.

 

À ce jour, personne n’a récidivé. Et si l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) vient d’obtenir en justice l’annulation d’un arrêté similaire pris dans la Drôme, elle n’a pas contesté celui des AM. « On ne défère pas les arrêtés respectant la loi, on n’encombre pas inutilement les tribunaux », explique son président Pierre Athanaze.

 

Un des cinq loups de la meute Vésubie Roya va-t-il payer de sa vie son goût pour l’agneau? L’Office de la chasse n’a plus beaucoup de temps. Car l’autorisation de tir ne sera sans doute pas prorogée au-delà du 15 juillet. Tous les troupeaux visés par les attaques broutant à cette époque en zone cœur du Mercantour, où il demeure strictement interdit de tuer le Canis lupus.

19:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

décidément pas moyen en France d'accepter les loups...

Écrit par : Kristin | 08/07/2011

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